Jésus au Temple (Lc 2,41-52)
v.41 "kat'éthos" : seule fois dans NT, bien que la moitié des "éthos" soit dans Lc/Act.
"hoi goneis" : cf. 2,27 ; mm si le récit a été primitivement indépendant, les lecteurs connaissaient déjà certains détails concernant l'Enfant.
"époreuonto" : LcEv 49, plus que tous les autres Ev. réunis. x Laurentin , pour qui ce détail a une portée théol. comme en 22,22. Pour Brown, les emplois sont trop diversifiés.
"eis Ierusalèm" : cf. note Lc 2,22.
"tè éortè tou pakha" : l'expression ne se trouve pas dans LXX, mais on la retrouve en Jn 13,1, prob. clarification pour les lecteurs Gentils (Jn 6,4). Depuis longtemps la Pâque a été jointe aux Azymes (cf. Lc 22,1), et c'est cette liaison qui a fait de Pâque une fête de pèlerinage (Avec Pentecôte et Tentes) où les Jfs devaient se présenter au Temple de Jérusalem "devant le Seigneur" (Ex 23,17 ; 34,23 ; cf. Jn 4,45).Les hommes étaient obligés d'y aller et devaient apporter une offrande (Dt 16,16) ; mais il n'est pas clair si cette obligation valait pour les femmes et les enfants On ne sait pas non plus dans quelle mesure la loi des 3 fêtes était observée au temps de Jésus : beaucoup de Jfs vivaient hors de Palestine et faisaient le voyage une fois dans leur vie, et beaucoup de Jfs Palestiniens doivent s'être contentés d'un voyage par an.
"égénéto" : ici prob. = être.
v.42 "étôn dôdéka" : le principe talmudique est : "13 ans". Mais on reconnaissait qu'un enfant pouvait avant 13 ans connaître la signification des commandements et être lié à eux, c'est pourquoi l'âge pour faire des vœux était parfois ramené à 12. L'âge de discrimination était situé entre 12 et 13. Mais nous ne savons pas si la coutume talmudique était déjà applicable au temps de Jésus ; en tout cas la Bar Mitzwah, coutume beaucoup plus tardive, ne l'était pas. Nous ne savons pas si à 12 ans Jésus était obligé d'aller à Jérusalem, et Lc ne semble pas songer à une obligation. Plus prob. exemple de la "piété du Temple" dans la vie de Jésus.
"anabainein" : cf. 2,4.
"kata to éthos" : spécial à Lc dans NT (Lc 1,0 ; 22,30).
v.43 "téleiôsantôn" : Pimplèmi en 1,23 ; 2,6.21.22. Ici téleioun comme 13,32 ; pas d'insistance particulière; équivaut à télein Lc 2,39.
"les jours" (de la fête). La Pâque était célébrée le soir concluant le 14 Nisan. Les Azymes de 7 jours commençaient le 15 Nisan ; donc en tout une fête de 8 jours (Lv 23,5s). On ne sait pas le temps que les gens devaient rester à Jérusalem, mais ils devaient passer la nuit et n'étaient pas libres de repartir avant le 2e jour matin.
"pais" : auparavant paidion : 2,17.27.40.
"hupémeinen" : volontaire ou accidentel (perdu).
v.44 "nomisantes" : 9/6 Lc-Act/NT.
"sunodia" : au moins les cousins et amis de Nazareth ; cf. sunodeuein en Act 9,7.
"hèméras hodon" : cf LXX Nb 11,31 et 1 Rg 19,4. Environ 30 miles. La légende chrétienne notait Élie Bireh (Beerot ?). Nazareth-Jérusalem environ 80 miles, donc un voyage de 3 ou 4 jours.
v.45 "anazètoun" : sans doute pas avant cette première étape.
"en tois suggeneusin kai tois gnôstois" : double expresssion, lucanisme comme 2,34c.37.
"méta hèméras treis" :prob. un jour depuis Jérusalem, un jour pour retourner à Jérusalem, un jour à le chercher.
v.46 "en tô iérô" : dans les parvis du Temple, cf ; 2,27.
"en mésô tôn didaslalôn" : Jésus, qui est souvent présenté comme didaskale, ne l'est pas ici. Certes, la position assise est souvent celle des enseignants (Mt 23,2 ; 26,55 ; Lc 5,3), mais c'était aussi celle des élèves (Act 22,3. Les enseignants jfs sont plutôt, dans le ministère, appelés nomikoi, grammateis. Peut-être qu'au temps où Lc a écrit ces enseignants étaient pensés comme hostiles au Christ et aux chrétiens. D'où le choix, ici, d'un terme plus neutre.
Lc ne précise pas le lieu de l'enseignement.
v.47 "pantes hoi akouontes", inclut les enseignants, mais ne les met pas en relief.
"existanto", Lucanien (11 x), 2 fois plus que tout le reste du NT. Moins fort que dans le grec classique.
Lc a déjà noté la surprise devant ce qui est dit de l'Enfant (thaumazein, 2,18.34).
"sunésis" : perception et intelligence, mais pas forcément de nature religieuse (Act 13,7). Insistance de Lc plus sur la perspicacité que sur la connaissance. Pour lui, la sunésis est un exemple de la sophia, qu'il souligne en Lc 2,40.52. (Sophia et sunésis en 1 Chr 22,12 ; Is 11,2).
"épérôtônta" : Brown à tort élimine les "questions". Écoutant et questionnant" :exemple de double expression, très Lc, comme "famille et connaissances".
v.48 "ekplèssein" : 4/13 Lc/NT ; prob. pas plus fort que existanto.
"odunôménoi" : seulement Lc/Act dans le NT. Implique peine et tristesse mentales et spirituelles (Cf. Lc 16,24 ; Act 20,38 où la vie même est en cause).
v.49 "me" : deux fois en vedette, à la fin de chaque phrase.
"pros autous" : Jésus répond aux deux parents.
"en tois tou patros", 3 sens possibles :
A."dans la maison de mon Père" (préféré par Brown). La recherche des parents suppose un nom de lieu (cf. Jb 18,19 LXX ; Esther 7,9 ; Josèphe, Contre Apion I,18, §118 : "en tois tou Diou"). Français "chez". Le Temple est plusieurs fois présenté comme l'oikos de Dieu (Lc 19,46 ; Jn 2,16 ; cf. Lc 6,4).
B. "aux affaires de mon Père", donc nom d'activité. Argument la question n'est pas "où ?", mais "pourquoi ? me cherchiez-vous. Réponse : Certes on trouve "ta"=les choses, les affaires (Mc 8,33 ; 1 Cori 7,32-34), mais pas "en tois" (en 1 Tm 4,15 on a en toutois isthi).
C. "parmi les familiers de mon Père", donc un nom de personnes. Réponse : certes on a Lc 8,10,21 ; 11,27s où Jésus oppose famille terrestre/eschatologique, et Rm 16,10s ; mais Jésus ne peut avoir parlé des "enseign ants" du Temple comme familiers du Père.
v.50 "ou sunèkan" : contraste avec la sunésis de Jésus (v.47) ! Comment expliquer ce manque de compréhension, surtout de la part de Marie après les révélations de l'annonciation ? Thèses à écarter :
"rhèma" = parole, événement (Lc 2,15.17.19).
v.51 "katébè" : opposé au anabainô de v.42 et époreuonto de v.41. EvEnf de Lc aime terminer les scènes avec un verbe de départ.
"èn hupotassoménos" : continuité ; Standard dans les épîtres de Paul. Certains y voient une réminiscence hist. : bien que responsable de lui-même à partir de 12 ans, Jésus n'était pas totalement émancipé du contrôle des parents. Cependant Lc est plus intéressé : au contraste Fils de Dieu/obéissant à des humains et à montrer que Jésus, bien qu'il ait déjà dévoilé sa filiation divine, n'a pas commencé sa mission publique avant son baptême.
"diétèrei" : cf.2,19.
v.52 "sophia … kharis" : cf. 2,40.
"èlikia" : maturité : couvre à la fois âge + taille ; âge comme Lc 12,25, taille comme en 19,3.
"para" + datif = "avec, devant". Méta en 1 Sm 2,26 ; enôpion en Prov 3,4, "Dieu et les hommes"