Jésus au Temple (Lc 2,41-52)
Conclusion générale de EvEnf de Luc
Mt et Luc : ressemblances et différences :
Les deux év. Mt et Luc sont in-harmonisables et s'ignorent, mais ils partagent une même idée de la naissance du Messie. Même tendance à lier cette naissance à ce qui précède en Israël, même tendance à développer la signification xologique de cette naissance et à noter la continuité avec ce qui suit dans l'Évangile. l'EvEnf est l'endroit où l'AT et l'Évangile se rencontrent.
Cela donne des arguments contre les Jfs.
Matthieu rend la connexion plus claire : cela correspond à sa méthode pédagogique.
Généalogie d'Abraham à Jésus, mais son dernier verset pointe vers la nouveauté de ce Messie, Fils de Dieu conçu sans intervention d'un homme.
Influence du patriarche Joseph et de Moïse enfant, mais beaucoup de cela lui vient de sa source. Le travail de Mt est surtout de souligner les références aux événements et lieux de l'AT, qui en un sens "revivent" dans la carrière de Jésus enfant.
Le but : assurer le lecteur chrétien du plan prophétique de Dieu : le Messie s'appellera Jésus, il est né d'une vierge à Bethléhem, puis vient de Nazareth.
Luc est moins clair.
Généalogie à partir du baptême plutôt que de la conception.
Se réfère à l'AT, mais plus par allusions.
Sa pédagogie consiste surtout à mettre les scènes en diptyques.
Contrairement à Mt, il n'utilise pas des sources pour la majeure partie de 1,5 – 2,40. Il travaille lui-même de bout en bout, s'appuyant sur des traditions populaires ou des informations hist., liées dans des motifs et des personnalisations qui regardent en arrière vers l'Ancien Testament, en avant vers l'Évangile.
Les motifs AT ne sont pas ceux qui dominent chez Mt (le patriarche Joseph, Moïse, Balaam) mais les couples (Abraham-Sarah; parents de Samson et de Samuel) et la piété postexil des 'Anawim (Siméon, Anne, parents de JnBp et de Jésus).
Les thèmes évangéliques sont traités différemment : délaissant Joseph, il valorise Marie et JnBp, utilisant ce qui est dit d'eux dans le ministère pour les dépeindre dans EvEnf.
Valorise mieux l'Israël obéissant à Dieu révélant le Fils de Dieu : en lisant Lc, on a l'impression que la plupart des jfs pieux ont été attirés par Jésus.
"La chute de beaucoup"
Domine chez Mt dans le portrait d'Hérode, des chefs des prêtres et des scribes.
Lc reporte le rejet de Jésus au livre des Act.
Dans Mt Beth. et Nazareth sont un cadre favorable pour l'accomplissement des prophéties, mais Jérusalem est le lieu de l'hostilité à Jésus (Mt 2,3) ; tdq pour Luc toutes les villes (Jérusalem, Beth., Nazareth) sont des lieux favorables pour la carrière de l'Enfant (Jérusalem marque le début et la fin de cette carrière, et le culte et Loi trouvent sens dans le Messie).
Donc le passage AT-Ev. est plus doux dans Lc.
Alors que Mt voit la lutte contre le jud. pharisien dans sa propre communauté, et la voit présente dès l'enfance du Messie, Luc est déjà plus loin de ces luttes (chonologiquement, ou géographiquement, ou les deux) et donne des Jfs une peinture toujours favorable ; ils reconnaissent dans l'Enfant l'accomplissement de la Loi, des prophètes et du culte.
L'Esprit est versé sur leurs représentants (Marie, Zacharie, Siméon) ; ils acclament l'œuvre de Dieu, et anticipent le don de l'Esprit à la Pentecôte.
Luc est plus intéressé par la "continuité" Israël-xns que par le mvt antisynagogue.
Son héroïne Marie incorpore cette continuité : elle répond d tout de suite à Dieu comme représentante des 'anawim (1,38), elle représente le disciple idéal (8,19-21), elle attend jusqu'à la Pent. pour devenir un membre de l'Église (Act 1,14).