Marie et Syméon
Le 2,32-35
Les souvenirs de ce matin-là se sont gravés dans le cœur de la Vierge Marie. Elle a prêté un instant son Jésus à ce beau vieillard, et le vieillard s'est mis à prophétiser.
² II a dit, à propos du bébé, des choses magnifiques,
tout à fait dans le sens des paroles de l'Ange :
Jésus est le salut pour tous les peuples,
la lumière du monde,
la gloire d'Israël, peuple de Dieu.
²- Puis il l'a bénie, elle et Joseph,
et il lui a dit, à elle toute seule :
tout le monde, en Israël, devra prendre position face à l'Enfant,
et il sera en butte à la contradiction.
Devant lui, les cœurs seront obligés de se clarifier, de se dévoiler, de se décider.
Et toi-même, tu n'échapperas pas à cette nécessité du discernement,
du dévoilement progressif,
à cette acceptation de choix courageux et décisifs.
Une épée te transpercera l'âme,
l'épée tranchante qu'est la parole de Dieu,
celle qui travaille jusqu'aux jointures de l'âme et de l'esprit (Hb),
celle qui émonde les disciples de Jésus pour qu'ils portent du fruit davantage.
² Marie sait d'avance qu'elle ira de surprise en surprise.
Après la surprise de ce jour-là et les paroles étranges de ce cantique de Syméon,
d'autres paroles, de loin en loin, viendront la toucher,
la confronter au mystère
et la remettre en route.
Et elle sait d'avance qu'à ces moments-là,
Jésus ne sera plus un petit dans ses bras,
mais un homme traversé par un destin universel.
Elle
sait d'avance qu'elle passera tout entière dans le destin de son enfant, au service de la mission de son Fils.