Le Cantique de Zacharie
Lc 1,67-79
² Le cantique de Zacharie, chacun de nous l'a récité ou chanté des centaines de fois, et pourtant il reste neuf tous les matins, neuf comme la tendresse de Dieu chaque matin pour le monde (Lm 3,23). Chaque matin notre espérance se rajeunit en redisant celle des pauvres du Seigneur, des 'anawim de tous les temps, entourés d'ennemis, assis "dans les ténèbres et l'ombre de la mort", et qui attendent leur délivrance comme un signe de l'amour de Dieu et de sa fidélité envers son peuple.
"Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël": celui que nous chantons aux laudes du matin, c'est bien le Dieu qui choisit et maintient son choix, le Dieu de l'appel et des promesses. Et avec Zacharie nous faisons mémoire immédiatement de deux grandes promesses que Dieu a faites et qu'il a accomplies:
- la promesse à David et à sa lignée: "il nous a suscité une force de salut dans la famille de David";
- le serment fait à Abraham et à ses descendants: "Il s'est rappelé son alliance sainte, le serment qu'il a fait à Abraham, notre père" dans la foi.
Puis le Cantique de Zacharie mentionne l'enfant, celui qu'on appellera le Baptiste, ou mieux encore: "le prophète du Très-Haut", car il marchera devant, sous le regard du Seigneur, pour préparer ses routes. "Jusqu'à Jean, dira plus loin l'Évangile, vont la Loi et les Prophètes"; c'est donc lui qui fait le pont entre l'Ancien Testament et la Nouvelle Alliance, entre les promesses et leur accomplissement.
Alors, très logiquement, le Cantique s'achève sur une louange du Messie, l'astre levant venu d'en haut qui vient nous visiter, nous qui sommes assis, à notre tour, dans les ténèbres et l'ombre mortelle, afin de nous guider sur une route de paix.
L'Ancien Testament, le Précurseur, Jésus Messie: avec le Benedictus nous avons, sous forme d'hymne, un résumé de l'histoire du salut, un raccourci du pèlerinage des hommes des feux de l'aube à la lumière, des ébauches à la plénitude, de l'attente à la paix.
Et comme l'Alliance est un engagement réciproque de Dieu et des hommes, notre hymne n'oublie ni la part de Dieu ni la part de l'homme: - à Dieu les prophéties, l'alliance sainte, le serment fait à Abraham, les actes de délivrance; - à nous de chercher le Seigneur sur le chemin de l'alliance, par la sainteté et la droiture, "sous son regard, tout au long de nos jours". Mais cette fidélité même, cette réponse dans le quotidien, est un cadeau de Dieu, car c'est lui qui "nous donne de vivre sans crainte", de lui rendre sans crainte notre culte, sous son regard qui est regard de paix; et si notre délivrance arrive, à Noël et chaque jour, fidèlement, gratuitement, c'est un effet de la bonté de Dieu, de ses "entrailles de miséricorde".
² C'est toujours l'amour de notre Dieu que nous retrouvons au point de départ, comme le rappelle le nom mystérieux que Zacharie donne au Messie: "l'Astre levant venu d'en haut". C'est bien sur notre terre des hommes que se lève, chaque jour, la lumière de cet Astre, de ce Messie-Sauveur, mais l'Astre vient d'en haut, d'auprès de Dieu. C'est bien sur le visage d'un enfant, d'un petit homme, que se lève la lumière de Noël, l'aurore du salut; mais cette lumière vient d'en haut, car c'est Dieu notre Père qui, dans la nuit de Noël, fait briller la connaissance de sa gloire en répandant cette gloire sur la face de son Christ (2 Co 4,6), sur le visage du Messie Enfant.
² Seigneur, tes pauvres sont encore assis dans les ténèbres; tant qu'ils ne savent pas aimer, ils demeurent dans l'ombre, l'ombre de la mort. En cette nuit de Noël maintenant si proche, fais paraître ton Jour, sur le visage de Jésus; fais paraître ton Jour: que l'homme soit sauvé.
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