Mt 28,8-16
Marie de Magdala et l'autre Marie ont vécu sur
coup, le
même matin de Pâques,
deux apparitions : - celle d'un
ange devant le tombeau,
- celle de
Jésus ressuscité.
La première, celle de l'ange, équivalait à
une proclamation divine de la résurrection
de Jésus.
La résurrection de Jésus n'est
pas une conjecture
humaine, et les deux femmes
ne l'ont pas admise au bout
d'une longue enquête : c'est
une affirmation directe de Dieu, par son
envoyé-Ange
: "Il est ressuscité !". C'est Dieu qui
l'a fait,
et c'est Dieu
qui le dit, comme pour
toute la geste
du peuple de
Dieu : Dieu
agit et commente
son geste
; Dieu agit et annonce sa
merveille. C'est le jour
que Dieu a
fait, et
ce fut merveille
aux yeux des
deux femmes.
L'ange vient de leur dire :" Vite,
allez dire à mes disciples" ... Les voilà donc chargées
d'un message, et d'un message
double : une annonce, et une
consigne : - "il est ressuscité ", (c'est l'annonce)
– "il vous précède en Galilée, c'est là
que vous le
verrez ", (c'est la consigne). Et c'est sur ce
chemin de la foi et de
l'obéissance, de la foi
obéissante, que Jésus vient
à elles.
Parce que d'abord
elles ont cru sans avoir vu,
Jésus leur fait la grâce
d'une rencontre personnelle, et parce que déjà
elles vivent un geste de
foi obéissante, elles reconnaissent
immédiatement leur Seigneur. "Elles s'approchent de
lui et lui
saisissent les pieds en se prosternant", avec le mélange
de crainte et de joie
que les Évangiles
ont souvent noté.
Que va leur
dire Jésus
? Il ne répète pas le
message de la résurrection, puisqu'il est
lui-même la résurrection. Mais il reprend
deux éléments de la parole de
l'ange.
D'abord il redit, avec insistance :"Ne craignez pas, … n'ayez
pas peur !", et l'encouragement
n'est pas superflu, car, en
rencontrant Dieu, nous sommes
toujours menacés de retomber dans
la peur :
-
peur de la
nouveauté de Dieu,
-
peur
de l'aventure
que Dieu apporte
toujours,
- peur de nos propres résistances, de notre opacité
et de notre
pesanteur.
"N'ayez pas peur !", dit Jésus, et
il confirme la mission donnée
aux deux femmes, mais en
modifiant l'un des termes. Il ne dit pas
:"Allez dire à mes disciples", mais : "Allez
dire à mes
frères de se rendre en
Galilée". Qui sont ces frères de
Jésus ? Ceux
qui, le
jeudi soir,
ont fui sans
courage et sans gloire,
et ceux qui
l'ont renié plus ou moins ouvertement. "Mes frères",
dit Jésus,
parce qu'il vient avec son
pardon. Et
il leur donne
rendez-vous en Galilée. Il les
met en marche. Tous devront
faire les cent
kilomètres, tous devront se regrouper au
nom de Jésus, pour voir
Jésus, pour
entendre Jésus : c'est l'Église en marche, dès le
premier jour, dès la
première aurore de la résurrection.
Ce qui est remarquable, c'est la
tâche de premier
plan que Jésus
confie aux femmes dans ce
premier regroupement de son Église. Elles sont, ensemble,
les premières à entendre le
message de la résurrection ; elles en sont,
ensemble, les
premières messagères. Parce qu'elles ont été, après le
vendredi saint, les premières
à se souvenir, les premières fidèles, Jésus leur confie, dans son
Église, une
mission pour l'éveil de la foi et, inséparablement, une mission
de rassemblement et de cohésion.
À cause de
ce qu'elles ont vécu,
de ce que
Jésus leur a donné de
vivre, l'une
de leurs premières
tâches dans l'Eglise sera
de redire à tous, au
nom de Jésus: "N'ayez pas peur
!".