Chorazin, Bethsaïda

Mt 11,20-24

 

 

 

 

 

 

 

²  Pour mieux saisir la pensée de Jésus, repérons mentalement les six villes dont il parle.

D'abord trois villes au nord du lac : Capharnaüm, centre de l'activité de Jésus en Galilée, et où Jésus disposait d'une maison, et deux bourgades voisines : Chorazin et Bethsaïda.         

            Aux yeux de Jésus ce sont des villes privilégiées, puisque la plupart de ses miracles y ont été accomplis. Plus que les autres elles ont eu la possibilité d'authentifier les œuvres de Jésus comme celles de l'Envoyé de Dieu ; or elles ne se sont pas converties, elles n'ont pas fait pénitence. Elles ont continué à vivre comme si de rien n'était : ce sont, pour Jésus, des villes incrédules.

            Puis, soixante et cent kilomètres plus au nord, deux villes étrangères, Tyr et Sidon, deux ports phéniciens longtemps très riches et fiers de la hardiesse de leurs marins, deux villes païennes où la renommée de Jésus était parvenue, mais sans que Jésus y ait encore séjourné. Tyr et Sidon : deux villes ignorantes.

            Enfin, à l'extrême sud du pays de Juda, Sodome en ruines, le type même de la ville dépravée.

 

²  De ces six villes, trois seulement sont prises à partie par Jésus, qui leur adresse cette invective sévère reprise des prophètes d'autrefois :"Malheur à toi !"

            Que veut dire cette différence de traitement ? Que vise Jésus à travers cet exemple des trois villes ? Sans doute ceci, qui demeure aussi vrai pour nous que pour Chorazin et Bethsaïda : rencontrer Dieu, voir à l'œuvre l'Envoyé de Dieu, cela crée des devoirs, cela confère une responsabilité beaucoup plus grande que la simple ignorance de Dieu, même si elle est orgueilleuse, ou le simple fait de vivre dans une société dépravée.

           

Rencontrer le Christ, Messie de Dieu, c'est un don que Dieu nous fait, mais aussi le point de départ d'une vie plus cohérente, plus généreuse et plus droite. Cela ne change rien au cadre de notre vie, mais cela modifie profondément notre manière de vivre, de connaître et d'aimer.

            Rien n'est plus comme avant, dès lors qu'on a croisé en Jésus Christ Dieu se réconciliant le monde. C'est ce qu'il nous est donné de vivre aujourd'hui dans cette Eucharistie. Que notre découverte du Sauveur soit un moment intense et pauvre. Accueillons en lui le salut au nom des multitudes qui n'ont pas d'espérance.

 

            Demandons-lui la grâce de demeurer humbles dans notre foi, et fermes dans notre espérance pour demain.

            Que son Esprit nous donne d'ouvrir notre cœur largement à la bonté, "rien que pour aujourd'hui".

 

 

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