Le Christ servi dans ses frères

Mt 25,31-46

 

 

 

           

 

            L'Évangile évoque ici l'avènement du Fils de l'Homme et son rôle de Juge pour souligner l'importance de la charité concrète dans l'existence quotidienne du chrétien. On ne peut guère parler, à propos de ce texte, d'une « parabole » du jugement dernier, car le seul élément de parabole est la mention du berger, des brebis et des chevreaux (qui rappelle Ez 34) ; tout le reste se présente comme un dialogue entre le Roi et les hommes ju­gés. Dialogue stylisé et très sobre, tout à fait dans la manière de Jésus.

 

- vv. 31-33 : Trois versets situent rapidement la scène. Le décor n'est pas décrit pour lui-même : l'Évangile re­prend seulement quelques thèmes bien connus de l'apocalyptique juive (littérature de révélation). Le mystérieux Fils de l'homme, personnage céleste, apparaît ici à la fois comme roi (sur un trône) et comme juge de toute l'humanité (les nations).

 

- vv. 34-36 : Quelques exemples suffisent à résumer toutes les détresses humaines : des hommes ont faim et soif ; ils ont froid. Des immigrés, privés de tout droit, ne trouvent nulle part accueil ou protection. Des malades et des prisonniers vivent isolés, oubliés dans leur monde parallèle. Croyants ou non, ce sont des hommes qui souffrent, et le berger d'Israël se déclare solidaire de toutes ces souffrances.

 

- vv. 37-40 : Les justes, croyants ou non, se souviennent peut-être des services qu'ils ont rendus, mais ils n'ont pas conscience d'avoir accueilli ou dépanné Celui qui maintenant les juge. Ils n'ont rencontré que des hommes désemparés, des « petits », des gens qui ne comptaient pas dans la société. Ils ont donné, comme en passant, un peu de leur temps et de leur cœur.

 

Or le Fils de l'homme a pris cela pour lui...

 

- vv. 41-46 : Dans l'ordre de la charité, s'abstenir, c'est pécher. Celui qui passe, sans réagir, à côté d'une détresse, manque une rencontre avec le Christ. Le Fils de l'homme s'identifie en quelque sorte avec tous ceux qui ont be­soin de secours. Il est évident que l'homme à aider ne devient pas pour autant automatiquement le Christ, car il se peut qu'il soit, par sa volonté, hostile à Dieu. Jésus s'identifie à lui en tant qu'il est dans le besoin, en tant qu'il est un appel à l'amour. Dès lors est dû au Christ tout ce qui est dû à cet homme, quoi qu'il en soit de ses disposi­tions profondes. Il n'y a donc pas dilution de la personne du Christ, mais acte souverain du Seigneur qui veut être le garant de ses pauvres.

 

 

Pistes de réflexion

 

1) Le service des déshérités peut prendre bien des formes, et la charité doit nous rendre inventifs. Dès mainte­nant, c'est elle qui nous juge, et, aux yeux du Christ, les velléités ne suffisent pas.

 

2) La portée de nos actes ne sera pleinement dévoilée qu'à l'avènement du Christ glorieux; mais déjà nous som­mes sûrs de servir le Christ en servant ses frères.

 

3) Telle vie paraît enviable qui s'avérera bien vide quand le Seigneur fera le «tri»; mais, à cette heure, quel «poids de gloire » (2 Cor 4, 17) dans une vie donnée au jour le jour ! Une existence ne pèse que son poids d'amour.

 

4) Le chrétien, selon Paul (Eph 3, 17) a « ses racines » dans la charité ; c'est là qu'il puise directement toute la sève de sa vie.

 

 

 

Page d'accueil

 

 

 

Retour Matthieu 23-28