Et le buisson n'était pas mangé

Mt 11,23-27

 

 

 

 

 

 

 

²  Le feu embrasait le buisson, et le buisson n'était pas "mangé"...

Moïse aurait pu dire : c'est incroyable, donc c'est impossible.

Il  aurait pu simplement s'éloigner, et mener plus loin les moutons de son beau-père ;

mais il s'est avancé, pour voir de près,

                        pour voir pourquoi le buisson n'était pas mangé par le feu,

                        pour comprendre le mystère de ce feu qui ne détruisait pas.

Dieu attendait de l'homme Moïse cette belle curiosité,

il a aimé le voir s'avancer vers le mystère,

                                   vers le signe qu'il lui offrait.

 

Et pourtant Dieu l'arrête :"N'approche pas d'ici !",

et Moïse apprend que, sans le savoir,

il foulait une terre sanctifiée par la présence de Dieu .

 

²  Ainsi alerté par la parole du Seigneur, le Dieu de ses Pères, le premier réflexe de Moïse est l'obéissance de la foi : il ne va pas forcer le mystère, mais s'y laisser introduire. Il cesse d'avancer et, sur place, ôte ses sandales.

Puis il se voile la face, de peur que son regard ne se fixe sur Dieu.

            Car si Dieu aime être cherché, c'est lui-même qui rythme l'approche, et il met sa joie à se laisser trouver, mais pas par l'homme qui, face au mystère, sur le sol du mystère, garde son assurance, ses évidences, et ses chaussures.

            Moïse l'a compris d'instinct, et désormais, pieds nus sur la terre sainte et le regard volontairement voilé, il est tendu de tout son être vers l'écoute, car c'est par elle que naît et grandit la foi, et c'est au moment où il renonce à voir que Dieu lui fait entendre sa mission.

 

²  Dieu ne se laisse rejoindre que par la route des humbles, et ce qu'il cache aux sages et aux habiles, "aux raisonneurs de ce monde", il aime le révéler aux tout-petits, aux nèpioi, à ceux qui n'ont pas encore la parole et qui acceptent de comprendre aussi avec leur cœur.

            C'est la manière de Dieu, son bon plaisir, disait Jésus. Mais si Jésus se réjouissait tant de voir à l'œuvre, parmi les hommes, cette pédagogie de Dieu, c'est qu'il faisait lui-même de l'humilité son chemin personnel de Fils et de Serviteur :"Recevez de moi l'enseignement, disait-il, car je suis doux et humble de cœur."

            Jésus humble de cœur a refusé un messianisme de prestige ; il a voulu vivre authentiquement son amour de Fils de Dieu dans le quotidien, dans l'ordinaire et l'obscur d'une vie d'homme. Il a connu le travail et la fatigue ; il a rencontré l'injustice et l'hostilité, et sa douceur, loin de toute mièvrerie et de toute peur du réel, a été bien souvent une non violence héroïque et son refus de passer en force.

 

²  La douceur et l'humilité, c'était sa manière à lui de garder la paix en coïncidant à chaque instant avec le vouloir du Père ; et  c'est aussi le sentier étroit sur lequel il nous offre le repos, le repos en lui, le repos en Dieu.

"Venez à moi, vous qui peinez et pliez sous le fardeau.

  Venez à moi, vous qui sentez la maladie entamer vos forces vives.

  Venez à moi, vous qui portez le poids d'une vie familiale ou communautaire humainement sans issue,

  vous à qui la mission ne laisse aucun répit.

  Venez à moi, vous que la vie a blessés,

  vous qui assumez en souriant votre solitude,

  et moi, je vous ferai reposer."

 

²  Quelle consonance avec le malheur et la joie des hommes !

            Quelle proximité de Dieu nous est offerte ainsi dans l'humanité de Jésus Serviteur !

 

Le Dieu de l'Exode disait :"N'approche pas !". Jésus, Fils de Dieu , nous dit :"Venez ! Venez à moi, et en moi approchez-vous de Dieu  ; car tout m'a été remis par mon Père.

            Nul ne le connaît comme Père, si ce n'est moi, son unique,

            et nul ne me connaît comme Fils si le Père qui m'a envoyé ne le tire. (Jn  6,44)

 

 

            "Venez, voyez les œuvres de Dieu,

              Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j'ai préparé pour vous.

              Venez, goûtez, et voyez comme est bon le Seigneur ! 

 

 

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