Mt 28,8-15
"Dieu l'a ressuscité, ce Jésus, nous en sommes
tous témoins".
Voilà ce que
proclame Pierre dans son premier
discours à la foule le
jour de la Pentecôte. Et
l'évangéliste saint Matthieu souligne de deux manières l'importance
du témoignage.
Commençons par le
faux témoignage, celui que
les soldats acceptent de répandre
contre une forte somme d'argent. Dieu
n'a pas empêché
ce faux témoignage
…"et cette fable s'est colportée
jusqu'à ce jour", écrit saint Matthieu. Dieu n'a
pas arraché tout de suite
l'ivraie de son champ,
parce qu'il faisait confiance au bon grain, au vrai
témoignage rendu à la résurrection
de son Fils. Et c'est
bien ce message
qui a triomphé
du mensonge : l'Église
de Jésus a
rempli l'univers.
Mais l'importance
du témoignage ressort davantage encore du premier
récit de l'Évangile de ce
matin. Rappelons-nous les faits
qui ont précédé :
- au point
du jour,
Marie de Magdala et l'autre Marie viennent au tombeau. La pierre
déjà est roulée, et un
ange, assis
dessus, s'adresse aux deux
femmes : "Ne
craignez pas ; il est ressuscité,
comme il l'avait dit. Allez
dire à ses disciples : Il vous
précède en Galilée ; c'est
là que vous
le verrez."
- les femmes alors, tout émues
et pleines de joie,
courent porter la nouvelle aux disciples :
elles ont appuyé
leur foi sur
son témoignage,
elles vont obéir
à la
mission qui leur a été transmise.
- c'est dans leur
geste d'obéissance
que Jésus les
rejoint. Il
vient à leur
rencontre, et elles se
prosternent devant lui. Que
va leur dire
Jésus ? - Pas autre chose que
ce que l'ange avait annoncé
:"Ne craignez pas ! Allez
annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront".
Ce que les
femmes avaient cru déjà sur la parole
du messager, Jésus le
confirme maintenant par sa présence
directe.
Ainsi en va-t-il
dans la vie
spirituelle, dans le cheminement
de notre foi. Jésus nous
demande d'abord d'accueillir le
témoignage de l'Église et
des ses messagers/ères,
et ce qu'il
vient ensuite nous révéler au
fond du cœur
par sa présence directe et personnelle
vient toujours corroborer ce témoignage de l'Écriture et
de la tradition vivante de l'Église.
Simplement, ce que Jésus
confirme ainsi par sa présence, par l'amour qu'il nous
fait sentir, s'imprime dans
notre cœur comme par le sceau
de l'Esprit
Saint.
Dans quelques instants, quand le
Seigneur se donnera à nous
par son Eucharistie, prosternés à ses pieds comme les deux femmes
au matin de
Pâques, demandons-lui d'illuminer pour toujours le plus profond de nous-mêmes pas la lumière
de sa Pâque
qui déjà rayonne de son Évangile.
Et que Dieu
notre Père, par son Esprit,
daigne garder vivant en nous le
témoignage qu'il rend à son
Fils.