"Que sert à l'homme ?"

Mt16,24-28

 

 

 

 

 

²  David, c'est le type même de la réussite humaine. Parti de rien, et uniquement avec ses bras et son courage, il est parvenu en quelques années à refaire l'unité des douze tribus d'Israël, à reculer les frontières du pays dans le Nord et le Sud, à donner à son pays la puissance militaire et la prospérité économique.

 

²  David, c'est aussi l'exemple d'une réussite exceptionnelle au service de Dieu. C'est lui, le premier, qui a donné aux douze tribus une capitale religieuse : Jérusalem . Il n'aura de cesse, après avoir pris la ville, qu'il n'y ait amené l'Arche d'alliance, le symbole de la fidélité au Dieu de l'Alliance, le souvenir de la longue marche au désert, guidés par Yahweh lui-même.

²  David, cet homme extraordinaire, cet homme selon le cœur de Dieu, est pourtant, parmi les rois d'Israël, celui qui a péché le plus lourdement, et c'est pourquoi la liturgie d'aujourd'hui nous rappelle, en parallèle avec la geste de David, cet avertissement de Jésus :

                        "Que servira-t-il à l'homme de gagner le monde entier,

                         s'il ruine sa propre vie ?"

Là le Christ Jésus nous interpelle directement. Vous allez dire :"Moi ? je n'ai jamais conquis l'univers, et je suis mon petit bonhomme de chemin". C'est vrai, quoique la bonhomie nous quitte bien souvent. Mais regardons en profondeur : nous découvrons que des tranches entières de notre vie se déroulent sous le signe de la volonté de puissance.

            On veut coûte que coûte arriver à ses fins ; on impose à son entourage tel trait de caractère, telle habitude, tel style de vie, de réaction, ou de témoignage ; on défend sa tranquillité comme une patrie menacée ; on se cuirasse contre le changement, parce qu'on a peur d'être en marche ; on refuse de créer avec les autres, par peur de perdre une fragile sécurité.

La peur de perdre, la peur de manquer, de risquer, de vivre, voilà bien ce qui nous paralyse. Or Jésus est formel : qui veut à tout prix sauver sa vie la perdra, qui veut sauver la vie comme sienne, bien à lui. Le moment est venu, pour tous et toutes, de se mettre en route, de partir vers le pays que Dieu montrera.


²  Acceptons-nous de marcher à la suite du Christ Jésus ?

Si oui, il faut nous renier nous-mêmes, il faut dire non au moi égoïste, cloisonné, jouisseur et orgueilleux, il faut que chacune prenne sa croix, la croix du corps, la croix du cœur (de la solitude , du dialogue sans cesse repris), la croix de l'esprit en quête de Dieu.
            La croix se reconnaît souvent à deux signes : il ne nous appartient pas de la quitter, et elle est plantée là où l'on ne l'attendait pas.

            Le disciple n'est pas au-dessus du Maître :

                        "Allons nous aussi à Jérusalem pour mourir avec lui".

 

 

 

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