Pécheurs d'hommes

Mt 4,18-23

 

 

 

 

 

 

 

²   "Venez, suivez-moi". C'est Jésus qui appelle : "Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi qui vous ai choisis et placés" Ce n'est pas nous qui avons fait à Jésus l'honneur de le suivre, mais lui qui nous a fait l'honneur de nous appeler, qui nous a fait suffisamment confiance pour nous prendre à son service.

 

Il nous faut donc accepter une rupture : il faut quitter les filets, la barque, le père dans la barque. Rupture avec le métier, les habitudes (même les meilleures!), le gagne-pain, le gagne-sécurité. Rupture avec l'avenir pré-vu, pré-paré, pré-fabriqué, avec les filets préparés pour la pêche selon des techniques connues, éprouvées. Et cela "pour le suivre", c'est-à-dire aller derrière lui, aller là où il va, travailler où il travaille (à l'œuvre de rédemption), accueillir ce qu'il accueille, chercher ce qu'il cherche, des adorateurs pour le Père.

 

²   Il nous faut accepter certaines ruptures car c'est lui qui s'occupe de la continuité.

Nous resterons des gens qui vont pêcher, mais nous pêcherons avec le Pêcheur d'hommes. Jésus nous demandera une transposition de tout notre agir ; il fera servir notre savoir-faire, mais à un autre niveau, celui du Royaume en marche. Rien ne sera perdu du passé, de l'amour de la mer, du savoir-faire acquis dans la barque de Zébédée, et pourtant il faudra tout ré-apprendre, à l'école du nouveau Maître.

Pour chacun de nous l'appel de Jésus demeure un mystère, que nous l'entendions de loin, comme une voix qui n'arrive pas à se faire entendre, couverte qu'elle est par la rumeur du désir ; que nous l'entendions en nous comme un murmure, comme un ruisseau discret, mais inlassable ; que nous l'entendions comme le souvenir vivant d'un grand oui déjà prononcé, comme le rappel du premier appel, c'est le mystère des choix de Dieu, de Dieu qui est libre, divinement libre, et qui sait à la fois où il veut nous conduire et le grand raccourci qu'il va nous proposer.

 

²   Tous nous sommes des appelés, nous sommes conviés à travailler à plein temps dans le champ du Père, à moissonner, ou à glaner, dans la moisson de Jésus. Qui que nous soyons, nous pouvons rendre ce témoignage que les moments où nous sommes le plus fidèles à cet appel sont dans notre vie les périodes ou les instants de plus grande plénitude.

Mais savons-nous, voulons-nous suffisamment rendre à d'autres ce témoignage, spécialement aux jeunes que Jésus met sur notre route ? Peut-être ont-ils besoin, pour répondre à l'appel de Jésus :"Viens, suis-moi", de voir en nous des appelés heureux, des baptisés qui n'ont pas été déçus dans leur amitié avec le Christ, bref : des passionnés de Jésus-Christ ?

 

 

Page d'accueil

 

 

 

 

Retour Matthieu 1-5