La fausse fidélité
Mt 23, 1-12
Les maîtres à penser d'Israël faillissent à leur
mission. Jésus, devant la foule et ses disciples, fait leur portrait et
conteste, non pas leur doctrine, mais leur prétention à régenter les consciences.
-
v. 2 : A l'époque, les scribes, spécialistes de la Loi, étaient souvent
affiliés au parti des pharisiens. Ces rabbis sont assis «dans la chaire de
Moïse», parce qu'ils sont chargés d'interpréter la Loi et l'ensemble des
Ecritures.
-vv.
3-4 : Jésus critique la manière dont ils se situent par rapport à ceux qu'ils
catéchisent. II y a divorce entre ce qu'ils disent et ce qu'ils vivent. Non
seulement la vérité qu'ils portent ne transforme pas leur existence, mais, par
leurs exigences et leur surenchère intellectuelle sur les commandements, ils
écrasent les hommes de bonne volonté qui leur ont fait confiance.
-
vv. 5-7 : Autre reproche aux Pharisiens : ils utilisent les objets ou les
attitudes du culte pour se faire valoir aux yeux des hommes. Les phylactères
dont parle Jésus étaient de petits sachets de cuir renfermant quelques textes
bibliques écrits sur parchemin (Dt 11, 13-22 ; 6, 4-9; Ex 13, 2-10, 11-16).
Tout homme d'Israël en portait un sur le front et un autre au bras gauche pour
la prière du matin, les jours de travail. Les Pharisiens, par ostentation, les
choisissent très larges. De même ils allongent les franges de leur châle de
prière.
-
vv. 8-10 : Jésus arrête son réquisitoire et donne maintenant ses consignes à
ceux qui l'écoute. Le titre de Rabbi, d'abord utilisé pour tous les personnages
de premier plan, était de plus en plus réservé aux scribes. Jésus l'exclut pour
ses disciples ; non pas qu'il récuse toute fonction officielle dans sa communauté,
mais parce qu'il ne veut pas que s'y attachent l'autoritarisme ou la vanité. De
même est écarté l'engouement pour des maîtres humains. Ce qui doit réunir les
chrétiens, c'est qu'ils sont fils d'un même Père et disciples d'un unique
Maître de vie.
-
vv. 11-12 : La notion de service éclaire ici celle d'abaissement : Jésus
n'attend pas de ses disciples une humilité paralysante, mais l'humilité joyeuse
et active de celui qui sert. Quiconque s'abaissera ainsi pour servir sera élevé
par Dieu dans le Royaume
1) Qui est pharisien ? Tout homme qui vit au
niveau de son personnage et qui a besoin du miroir des autres. Nous-mêmes.
2)
Ce qui unit tous les chrétiens en profondeur, ce n'est pas tel style de pensée
ou d'action, mais l'écoute du même et unique Seigneur. Aujourd'hui comme au
temps de Paul (1 Cor 3, 5-23), le chrétien n'est-il pas tenté de se donner des
rabbis humains ?
3)
La Cène du Seigneur est-elle vraiment pour moi le lieu de l'écoute et du
partage, le moment où j'arrache mon masque, où je me veux fils parmi des fils
et frère parmi des frères ?