"Qui est ma mère ?"
Mt 12,46-50
² Souvent, dans l'Évangile, Marie, mère de Jésus prend
sa place, simplement, discrètement, dans le groupe de ceux et de celles qui
cherchent Dieu :
au
Temple, avec son bébé de quarante jours,
au
Temple encore, avec Jésus adolescent,
à
la Croix où Jésus agonise,
puis
au Cénacle avec ceux qui attendent l'Esprit.
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, la
foule a accaparé Jésus, et Marie se présente dehors, avec un groupe de cousins
qui veulent le voir : Jacques, Joseph, Simon, Jude (Mt 13,58), d'autres encore
peut-être, et éventuellement ses cousines, qui habitaient toutes Nazareth (Mt
13,56). Nous savons par l'Évangile de Jean qu'au moins une partie de ses
cousins ne croyaient pas en lui (Jn 7,3), et cela éclaire peut-être la démarche
de Marie qui les accompagne, elle la croyante, et aussi les paroles
surprenantes de Jésus.
² Dans un premier temps, en effet, Jésus semble
désavouer l'initiative de ses cousins, ou du moins refuser de leur accorder une
position de faveur. Envoyé de Dieu pour le salut de tous, Jésus ne veut pas
privilégier sa famille. En réalité, ses paroles vont beaucoup plus profond. Il
ne dit pas :"Je n'ai pas de famille, je n'ai plus de famille. Je récuse
les affections familiales", mais bien plutôt, en montrant de la main ses
disciples :"Ma famille est immense et s'agrandit tous les jours ; quiconque me donne sa foi,
quiconque fait la volonté de mon Père, qui est aux cieux, c'est lui mon frère,
ma sœur , ma mère. Ma famille n'est pas privilégiée, mais tout disciple reçoit
le privilège d'entrer dans ma famille, dans mon affection, dans ma tendresse.
De plus, en évoquant ainsi les
réflexes des vrais disciples, Jésus fait le portrait spirituel de sa propre
mère, accueillante depuis le premier jour à la volonté mystérieuse du Père.
Marie, la croyante, est encore
dehors, avec les cousins incrédules ; mais déjà Jésus lui donne sa vraie place
: au milieu de ceux qui croient.