Frère, sœur et mère

Mt 12, 46-50

 

 

 

 

 

Voilà bien une parole de Jésus qui a dû surprendre ses auditeurs, comme elle nous surprend nous-mêmes aujourd'hui.

Les gens qui se pressaient autour de Jésus pour écouter sa parole auraient sans doute fort bien admis qu'Il s'interrompe un instant pour accueillir sa mère. Les mères ont tant donné à leurs enfants qu'elles ont bien droit à des égards spéciaux et à quelques privilèges !

Or c'est justement cette idée de privilège familial que Jésus  tient à écarter.

Encore faut-il bien entendre et bien situer sa réponse.

 

²  Tout d'abord elle ne contient aucun reproche.

Jésus ne dit aucunement à ses proches :"`Vous avez eu tort de venir. Vous avez tort de me chercher et de vous intéresser encore à moi."

De plus, il ne cherche pas à exclure sa mère ni ses cousins, comme s'il leur disait :

"Je ne veux plus vous aimer,

Je n'ai plus de raison de vous aimer,

Je raye de mon cœur toute affectivité d'ordre familial,

notre passé commun n'a plus de valeur à mes yeux."

 

²  Jésus n'exclut pas, ne renie pas, ne retranche pas brutalement ; bien au contraire, il élargit à tous les vrais disciples cette confiance affectueuse qu'il a connue dans sa propre famille humaine.

À tous ceux qui font la volonté du Père,

à tous ceux qui "écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique     " (Lc 8,21) Jésus offre

la même amitié chaleureuse,

la même simplicité de relations,

le même bonheur du partage,

qu'Il a connus à Nazareth durant trente années.

 

²  Désormais l'immense groupe des croyants ne sera plus qu'une seule et même famille,

la famille de Jésus, Messie et Seigneur,

1a famille de Dieu "de qui tout lignage tient son nom" (Ep 3, 14) 

la famille unie et dynamisée par l'Esprit Saint.

La famille humaine de Jésus n'aura pas de privilège,

mais tous les humains auront le privilège d'entrer dans la famille de Jésus par une foi généreuse et active.

 

²  Au moment où Jésus parlait, Marie était encore dehors, hors du cercle des auditeurs. En réalité, Jésus venait de tracer le portrait spirituel de sa mère,

celle qui, mieux que tout autre, écoutait la parole,

celle qui, plus que tout autre, entrait dans les vues de Dieu.

Elle qui était au cœur des affections humaines de Jésus avait déjà sa place au cœur de la famille des croyants ;

mais Jésus attendait son Heure, l'heure de la Passion glorifiante, pour la proclamer, du haut de la Croix

"Femme, voici ton fils."

"Femme, voici tes enfants, et l'Eglise commise à ta tendresse."

 

 

 

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