"Dites : oui, si c'est
oui"
Mt 053800
Tout tient dans une phrase, et pourtant Jésus nous
propose là tout un programme d'authenticité.
² Il réaffirme d'abord la
nécessité du discernement. Le chrétien n'est pas un homme qui dit oui à tout ;
mais il ne dit pas non systématiquement. Il dit oui à tout ce qui va dans le
sens du message de Jésus, et donc aussi à tout ce qui grandit l'homme ou la
femme. Il dira non à tout ce qui tourne le dos à l'Évangile et à ses valeurs,
et donc aussi à tout ce qui avilit l'homme, à tout ce qui fausse la mission de
la femme. S'il est amené à dire non, il le dira sans violence, sans amertume,
sans rejet des personnes, mais avec toute la détermination nécessaire, en s'appuyant
sur la liberté de parole dont Jésus a montré l'exemple :"On vous a dit ….
moi, je vous dis"….
La consigne de Jésus implique non
seulement un réflexe de raisonnement, mais un effort pour une communication de
qualité. Souvent, en effet , on ne pourra se contenter d'un oui ou d'un non
tout secs, mais l'amour fraternel poussera chacun/e à motiver son oui ou son
non. C'est souvent très utile quand on se sent le devoir de dire non, car on ne
dit pas non pour le plaisir mauvais de s'opposer aux autres ou de faire sentir
un mécontentement ou une rivalité ; on dit non à une chose, à une proposition
ou à un projet, mais ce n'est pas un rejet de la personne. Dans la vie
communautaire, en particulier, il y a des non qui construisent, mais il faut
beaucoup d'amour et d'humilité pour les dire "selon Dieu".
Cependant un bon discernement et une
volonté de dialogue seraient encore insuffisants, du point de vue de l'Évangile
, sans un grand souci de la vérité, la vérité que l'on doit à l'autre et que
l'on se doit à soi-même. L'autre doit pouvoir compter sur ma parole, et moi sur
la sienne. C'est à la fois une grande exigence et un grand bonheur, dans un
couple ou une communauté , que de se faire confiance de manière absolue, et il
faut parfois du temps pour y parvenir.
Car c'est parfois à
notre insu que nous ne sommes pas vrais. Combien de fois nous nous surprenons à
dire des oui ou des non purement tactiques, pour arriver à nos fins, pour
maintenir du flou autour de nos projets, ou
parce que nous gardons de la méfiance envers un frère ou une sœur. Combien
de fois aussi nous en restons à des demi-oui ou à des demi-non, qui ne nous
engagent qu'à moitié et laissent l'autre moitié de notre cœur empêtré dans
l'égoïsme ou l'agressivité. Ou encore nos oui sont comme freinés et retenus,
face à un frère ou une sœur, par d'anciens contentieux qui n'ont pas encore été
levés, habitent encore la relation et faussent la parole, qui devrait pourtant
rester un chemin sacré entre les êtres.
"Que votre oui soit oui, que votre non soit non;
tout le reste vient du Mauvais"; du Mauvais qui est hors de moi et qui m'agresse,
du mauvais qui est en moi et qui me rend agressif.
Un seul antidote : la clarté de Jésus.