"Dis-nous quand cela arrivera"

Mt 24,4-14

 

 

 

 

 

 

 

Saint Matthieu a voulu faire de son Évangile comme un grand catéchisme, pour répondre à une seule question fondamentale : puisque le règne de Dieu a fait irruption dans le monde en la personne du Messie Jésus, quelles sont les conséquences de cette irruption pour tous les hommes ?

La réponse se trouve dans les cinq grands discours de Jésus qui sont à la base du premier Évangile :

- le discours sur la montagne  (5-7), véritable charte du Royaume et de la nouvelle fidélité à Dieu ;  

- un discours sur la proclamation du Royaume (10), lorsque Jésus envoie les Douze pour une première mission ;

- un troisième discours sur le mystère de ce Royaume, provisoirement caché (13) et qui pousse comme le bon grain au milieu de l'ivraie ;

- un discours sur la communion fraternelle des enfants du Royaume (18) ;

- et enfin un cinquième discours, assez long (24-25), sur la grande crise de la fin des temps et sur la vigilance demandée aux chrétiens en prévision de ces événements.

 

            , Jésus, assis au Mont des Oliviers, répond directement à la question des disciples : "Dis-nous quand cela arrivera, et quels seront les signes de son avènement et de la fin du monde".

 

C'est le début de ce dernier discours que l'Église nous fait lire aujourd'hui, comme pour mettre en lumière, en pleine lumière du Christ, le martyre des premiers chrétiens mis à mort par Néron.

Jésus reprend d'abord des images de catastrophes générales ou cosmiques que la littérature apocalyptique avait popularisées depuis environ deux siècles :

- les impostures des faux messies, qui égareront bien des gens ;

- les guerres et les bruits de guerres, qui étaient considérés comme des signes de la fin prochaine.

Mais pour apaiser toute agitation dans les cœurs, Jésus affirme deux choses :

- Ces événements inquiétants doivent se produire, selon le dessein de Dieu : les croyants peuvent et doivent demeurer paisibles : les événements de l'histoire, même en temps de crise, n'échappent pas au plan d'amour de Dieu.

- D'autre part ces événements ne seront que le début des souffrances dernières, présentées comme inéluctables par la reprise de l'image des douleurs d'enfantement, chères à l'Ancien Testament (Is 13,18; Os 13,13). Les chrétiens devront donc s'armer de patience, en sachant que Dieu ne cesse pas de les regarder avec amour.

 

            Ces détresses ou tribulations renvoient à des persécutions (Mt 13,21) de la communauté plutôt qu'à des souffrances personnelles ( 2 Co 1,4; 2,4; 6,4) ou à des bouleversements cosmiques ou politiques (Apoc 7,14). D'abord appliquées aux Juifs et à Jérusalem lors de la ruine de la Ville Sainte, ces expressions sont utilisées par le Christ dans l'Évangile de Matthieu pour exhorter l'Église chrétienne des années 80. On assistera, là encore, à une double croissance, celle de l'iniquité, si bien que "l'amour se refroidira dans la multitude", et celle de la fidélité, car "celui qui tiendra jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé".

 

            Mais surtout, ces années difficiles seront occupées par "la proclamation de la Bonne Nouvelle" à toutes les nations païennes du monde entier. Alors seulement, dans un futur qui échappe à toutes nos prévisions, viendra la fin de l'organisation présente du monde et l'instauration définitive du Royaume de Dieu (10,22; 24,6.13).

            L'amour, que nous recevons de Dieu même, traversera l'histoire, même si celle-ci nous réserve des alarmes et des souffrances.

 

 

 

 

Page d'accueil

 

 

 

 

Retour Matthieu 23-28