Jésus, dans l'enceinte
sacrée du Temple, s'était mis
à enseigner. Mais il enseignait sans permission... Sans permission des hommes, puisqu'il avait reçu mission
de Dieu.
Et les chefs
des prêtres avec les anciens
du peuple,
autrement dit les autorités religieuses et civiles,
qui composaient le Sanhédrin, viennent demander compte à Jésus de
la liberté qu'il prend : "Par
quelle autorité enseignes-tu ici ? Qui t'a donné
cette autorité ?" Ce qui leur
pose problème, ce n'est
pas l'autorité
morale et l'ascendant exceptionnels de Jésus,
qui étaient évidents, pour
tous, même
pour ses ennemis, mais l'origine de sa
mission, le
mandat qu'il avait reçu:
"Qui t'a envoyé, dont
tu puisses invoquer l'autorité et
la mission, et d'où vient
l'autorité que tu manifestes dans ton enseignement ?". L'autorité
de Celui qui
a envoyé Jésus, l'autorité
personnelle de Jésus l'Envoyé, les deux
sont accueillis et récusés ensemble.
À leur manière, agressive, les
ennemis de Jésus mettent en lumière l'affirmation si souvent reprise dans l'Évangile de Jean :"Celui
que Dieu a
envoyé dit les paroles de
Dieu". Dieu et son
Fils ont même
autorité, et
même dessein de salut pour
les hommes.
Jésus pourrait répondre
aux chefs du
Temple comme il répond à
ses ennemis en saint Jean, et en appeler
au témoignage de ses œuvres,
œuvre de guérison et de vie,
œuvre de puissance et de douceur,
qui sont bien
des œuvres de Dieu. Ce
jour-là,
parce qu'il s'agit des principaux responsables du peuple, Jésus
choisit de les mettre devant
leurs responsabilités, de leur
faire découvrir les racines de
leur refus de croire.
Il ne méritent
pas que Jésus leur dise en
clair le secret
de sa mission, parce que
quelque chose en eux se ferme à
la lumière, et ce réflexe
de fermeture a déjà joué à
propos du Baptiste et de son
baptême de pénitence : ils
n'ont pas su
voir dans ce
grand raz-de-marée de conversion une initiative de Dieu,
un signe venant
du ciel.
Ceux qui n'ont
pas su reconnaître
en Jean-Baptiste
un prophète ne sont pas prêts
à identifier en Jésus le propre
Fils de Dieu, parlant avec
autorité de par l'autorité de son Père.
Cet épisode où
l'on voit Jésus contesté, et par
ceux-là même qui avaient mission
de guider son
peuple, jette quelque lumière sur le mystère
de sa parole
qui poursuit sa course difficile
dans le monde
par l'Église.
Aujourd'hui encore Jésus
a le droit de prêcher dans
son Temple,
dans son Église,
dans le Temple
de notre communauté
et de notre
propre cœur. Il a le
droit de faire
entendre, au
nom de Dieu, avec l'autorité du Père, une parole
qui appelle et qui dérange, qui réveille
et qui met
debout, qui
suscite l'effort
et offre à l'homme de
se dépasser.
Aujourd'hui encore des
réflexes de fermeture ou des allergies plus ou moins conscientes empêchent les croyants d'accueillir
hardiment le message prophétique de Jésus,
et ses consignes
de conversion du cœur pour la rémission des péchés. Le
monde du refus
voudrait faire taire le Christ
et étouffer sa parole,
et il mobilise
contre lui même des responsables
de la politique ou de la culture. Nous-mêmes parfois nous laissons impressionner par l'ampleur des
contestations, par le renom
des hommes qui minimisent le Christ, par
les silences de Dieu dans
nos propres angoisses.
Que cet Avent soit pour nous l'occasion d'un sursaut de foi, d'un surcroît
de confiance. Approchons-nous de lui encore plus, puisqu'il enseigne
dans son Temple. Disons-lui
:"Parle-nous encore,
Seigneur, avec l'autorité
du Père,
toi qui n'a pour nous que
des pensées de paix.
Parle-nous, toi, le
prophète et le Fils de
Dieu.
Trouve en nous des disciples qui écoutent, crée en nous un cœur nouveau, qui perd
toute dureté en s'approchant
de ta miséricorde, qui renonce
à toute raideur
devant le mystère
inouï de ton enfance. Fais-nous attendre
et hâter par
la foi le
jour de ta
présence, le
jour de ta
gloire.