Trois avènements

Mt 24,37-44

 

 

 

 

 

 

Quel curieux passage de l'Évangile l'Église nous fait lire en ce premier dimanche de l'Avent ! Au moment où nous nous préparons à revivre spirituellement la longue attente des hommes de l'Ancien Testament, l'Église nous met devant les yeux le tableau de la fin du monde !

 

²  C'est que l'Avent ne commémore pas seulement une venue, mais trois venues, trois avènements du Seigneur:

- l'avènement du premier Noël : avènement de pauvreté, et de miséricorde et de grâce ;

- à l'autre bout de l'histoire humaine, l'avènement de gloire. Pour le décrire, l'Évangile reprend toutes les images familières aux hommes de l'Ancienne Alliance. Images de cataclysmes dans le monde des hommes et jusque dans le cosmos ; images destinées non pas tellement à nous effrayer qu'à souligner la puissance de Dieu, du Maître de l'univers créé et de l'histoire des hommes.

- entre les deux, entre le premier Noël et le dernier avènement, se situe la venue silencieuse et invisible du Christ Jésus dans notre propre vie, l'avènement mystérieux du Sauveur en chacune de nos journées de joie ou de peine.

 

Face à ces trois avènements, notre attitude de chrétiens est différente :

- l'avènement de Noël, nous ne pouvons que le commémorer ;

- l'avènement glorieux de la fin des temps, nous ne pouvons que l'attendre dans l'espérance et le hâter en trans­formant le monde ;

- mais l'avènement de Jésus Christ et de son amitié dans notre vie personnelle, familiale, communautaire, celui­-là, nous pouvons le préparer et l'accueillir jour après jour.

 

²               Et saint Paul nous rappelle comment faire:

 

II s'agit d'abord de "nous tirer de notre sommeil" spirituel, de saisir le salut qui passe à notre portée, ou mieux : Jésus Sauveur qui vient au-devant de nous.

Malgré tant de grâces reçues du Seigneur, malgré tant de preuves de sa fidélité égrenées tout au long de notre vie, notre foi et notre espérance restent comme engourdies, et notre amitié avec Jésus nous apparaît parfois loin­taine et irréelle, comme dans un songe. C'est pourtant ce lien au Christ qui est plus vrai que tout le reste ; c'est cette présence invisible du Dieu de notre baptême qui donne un sens éternel à notre travail, à notre dévouement, à nos épreuves.

 

Il s'agit ensuite de "revêtir le Seigneur Jésus Christ", c'est-à-dire de nous transformer profondément à son image, d'adopter ses réflexes de compréhension, de pardon, d'amour des pauvres, de dignité morale et de loyauté.

Affranchi par le Christ du monde mauvais et des forces de ténèbres, nous ne sommes plus des hommes de dissimulation, des hommes de la nuit, mais des hommes de l'aurore, éveillés et prêts à servir, des hommes du plein jour, et n'avons plus rien à cacher, parce que notre vie manifeste le Christ et témoigne de son amour pour tous.

Rassemblés ce matin au nom du Seigneur pour reprendre force et courage en participant à son sacrifice, pour accueillir le don de son amour, pour préparer dans la prière le jour prochain de Noël "où nous fêterons notre re­lèvement", tout éveillés dans notre foi, dépassons nos misères intérieures, et mettons-nous en route pour un re­nouveau de notre fidélité. Responsables de la vraie joie dans le monde, il nous faut entrer dans la grande espé­rance de l'Église et redire avec elle, en notre nom et au nom de tous les hommes qui attendent notre témoignage:

 

"Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et ton salut, donne-le nous !"

 

 

 

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