Le jeune homme s'en alla tout triste

Mt 19,16-22

 

 

 

 

²  "Viens, suis-moi", dit Jésus.

Suivre Jésus, c'est tout le programme de l'Évangile.

Ce qui nous est proposé, ce n'est pas seulement de suivre un enseignement, d'adopter un corps de doctrine, mais bien de suivre la personne du Fils de Dieu, Jésus de Nazareth, qui prend l'initiative de nous appeler et gardera l'initiative tout au long de la route.

 

²              Or la route du Christ sera longue.

On ne suit pas le Christ comme on suit un cours ou un maître humain, durant un semestre ou durant deux années. Suivre Jésus, c'est s'attacher une fois pour toutes à sa personne. C'est donc une décision qui engage toute la vie et qu'il faudra ratifier de nouveau à chaque étape ; c'est une écoute à reprendre chaque matin, avec courage et avec bonheur, car rien ne nous rend si heureux que de vivre authentiquement, dans le Fils, notre vie de fils de Dieu.

 

²              Suivre le Christ, cela peut nous emmener très loin,

car c'est partager son destin de voyageur, sa mission et sa solitude ; et cela exige de chacun/e qu'il se mette en état de disponibilité, qu'il se rende libre pour suivre Jésus. C'est tout le sens de la parole du Nazaréen :"Va ven­dre toutes tes richesses, donne-les aux pauvres, mets ton trésor dans les cieux (c'est-à-dire en Dieu), puis viens et suis-moi !" On dira peut-être : c'était bon pour le jeune homme, c'est bon pour une religieuse, mais cela ne nous concerne pas tous ! Ce n'est pas si sûr : nous sommes tous concernés, mais pas forcément de la même manière. La part de richesses que nous allons garder et gérer dépend de notre vocation, de notre condition, de nos respon­sabilités et de notre situation familiale ; mais tous nous avons à mettre notre trésor dans le ciel ; tous, d'une ma­nière ou d'une autre, nous avons à nous libérer le cœur et les mains, pour suivre Jésus là où il nous a placés.

            Qui nous dira comment faire ? Qui nous dira jusqu'où aller ? - l'Esprit Saint, jour après jour.

 

²  En réponse aux questions des Juifs, Jésus nous a laissé un programme de progrès.

Le jeune homme a d'abord demandé :"Que dois-je faire de bon, pour obtenir la vie éternelle ?", et Jésus a répon­du en nuançant ..."Si tu veux entrer dans la vie, si tu veux commencer à vivre". Puis le jeune homme, déjà re­marquablement fidèle à Dieu dans sa vie quotidienne, a posé une deuxième question :"Que me manque-t-il en­core ?", et Jésus a répondu cette fois :"Si tu veux, si tu veux être "achevé" (teleios).

            Deux niveaux de questionnement, deux niveaux d'engagement. D'abord se montrer fidèle aux préceptes du Seigneur, y compris l'amour fraternel ; puis une autre ambition, un autre signe d'amour : suivre le Christ où il va, et pour cela mettre dans le ciel (en Dieu) tout son trésor, tout son désir au niveau de l'avoir, toute son attente tout son projet ultime. Pour le jeune homme, que l'Évangile présente comme un être d'exception, le premier ni­veau semble déjà rejoint : il est fidèle, il va devenir "achevé", s'il y consent, s'il s'y engage.

 

            Pour nous, la fidélité probablement est encore programmée au quotidien, car nous portons l'appel de Jé­sus dans des vases de terre cuite ; et pourtant, sans attendre le moment si aléatoire de la réussite spirituelle, Jésus nous dit :"Si tu veux être achevé", et même :"Sois parfait comme ton Père est parfait".

 

            Dès aujourd'hui mets ton trésor dans le ciel.

            Dès aujourd'hui , suis-moi où je vais.

 

 

 

 

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