"Il s'étonna de leur manque de foi"
Mc 6,1-6
² Les gens de Nazareth se posent les vraies questions
concernant Jésus :"D'où cela lui vient-il ? Cela, c'est la sagesse qui
émane de sa parole, et les grands miracles qu'il réalise par ses mains.
Pourquoi ne viennent-ils pas à la foi en Jésus ? –
parce que leurs évidences stoppent leur questionnement : puisqu'il est
charpentier, son assurance est anormale ; puisqu'il est le fils de Marie,
puisqu'on connaît ses cousins et ses cousines, puisqu'il est du pays, il a chez
nous toutes ses racines ; il n'a donc rien qui le distingue de nous, rien qui
doive le singulariser.
Les compatriotes de Jésus ont sur lui assez de lumière
pour se mettre en route vers le mystère de sa personne : homme véritable, homme
issu d'un terroir, mais doué d'une parole et de pouvoirs surhumains.
Pourtant ils en restent à l'étonnement, au scandale
(v.4), et refusent d'admettre ce qui en Jésus les dépasse parce qu'ils s'en
tiennent à ce qui est de plain pied avec leur vie de tous les jours. Jésus est
en droit d'attendre qu'ils reconnaissent en lui pour le moins un prophète, mais
même à cela ils restent fermés.
² C'est toujours ainsi que la foi s'étiole dans nos
vies.
À
force de côtoyer Jésus, l'Envoyé de Dieu, à force d'entendre résonner sa parole
et de l'apercevoir dans notre environnement familier, Jésus trop connu n'est
plus dérangeant, ni stimulant, ni même intéressant ; même sa parole n'a plus
rien de prophétique, et nous sommes habitués à sa sagesse.
Des journées se passent, remplies de choses à faire,
de
petites urgences quotidiennes,
de
menus projets à notre mesure,
des
journées où Jésus ne pourra "accomplir aucun miracle", parce qu'il ne
trouve en nous ni attente, ni foi vive, ni l'enthousiasme d'autrefois pour l'aventure
spirituelle.
Sa présence elle-même s'est banalisée ; et il est
tellement de chez nous que nous cessons de marcher vers "chez lui".
² "Jésus s'étonna de leur manque de foi".
À la lumière de cette peine de Jésus Sauveur, et à cette
période où tant d'événements mondiaux nous renvoient à notre authenticité de
chrétiens , nous comprenons l'urgence des consignes de l'épître aux Hébreux :
"Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et
aux genoux qui fléchissent.
Soyez sur vos
gardes ; que personne ne se dérobe à la grâce de Dieu".
Cela, c'est la voix insistante et vigoureuse de
l'épître aux Hébreux, mais à l'intime de nous-mêmes nous percevons une voix
plus apaisante et plus douce, la voix de l'Esprit Saint, la voix de la Source
qui murmure en nous :
"Viens vers le Père. Fais confiance au
Christ".