"Il n'est pas
Dieu de morts, mais de vivants"
Mc
12,18-27
²
"Vous
méconnaissez les Écritures et la puissance de Dieu",
telle est la réponse
de Jésus aux Sadducéens qui ironisent sur la Résurrection.
En fait d'Écriture, Jésus aurait pu citer le texte de Daniel (12,2)
auquel il renvoie clairement en d'autres circonstances : "En ce temps-là, ton peuple échappera :
tous ceux qui se trouvent inscrits dans le livre.
Un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière
s'éveilleront,
les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre, pour
l'horreur éternelle".
Mais comme les Sadducéens ne reconnaissaient comme Écriture Sainte que
le Pentateuque, Jésus préfère s'appuyer sur un texte central du livre de
l'Exode :"Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de
Jacob". Et Jésus argumente à partir de la vie de Dieu : "Il n'est pas
Dieu de morts, mais de vivants". Dieu, pour se faire connaître de Moïse,
s'est référé aux trois patriarches comme à des vivants. Bien qu'ils soient
morts en leur temps, ils sont vivants au moment où Dieu parle à Moïse, parce
que, depuis le moment de leur mort corporelle, ils sont vivifiés par la
puissance de Dieu, et c'est ainsi qu'ils sont destinés à la Résurrection.
² Et le
même mystère se produira pour tous ceux qui meurent dans l'amitié de Dieu. La
résurrection, à la fin des temps, ne les tirera pas du néant ; elle leur fera
vivre dans leur corps ce que déjà ils auront vécu sans leur corps, par la
puissance de Dieu. Au moment où nous ressusciterons, Dieu, simplement, achèvera
en nous son œuvre de vie, il se révélera encore, par ce geste ultime, comme le
Dieu des vivants.
La Résurrection sera l'éclosion de notre corps à la vie nouvelle que
nous aurons puisée à la vie même de Dieu, dès notre rencontre dans l'au-delà
avec le Fils ressuscité. Notre vie de ressuscités s'inscrira bien dans la continuité
de l'œuvre de vie du Dieu vivant, mais en même temps tout sera nouveau pour
notre corps. Quand Dieu nous ressuscitera, il ne rendra pas à notre corps la
même vie, limitée, qu'ici-bas, mais une vie totalement nouvelle, totalement
réinventée, qui sera une participation intensément personnelle à la vie du
Christ dans sa gloire.
² Face à
ces merveilles de vie, à cette victoire du Dieu vivant, qu'elle paraît petite et
mesquine, l'ironie des Sadducéens opposant à la foi d'Israël leur histoire de
la femme aux sept maris ! Vraiment, ils méconnaissent les Écritures et la
puissance du Très Haut : car "si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus
d'entre les morts habite en nous, Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les
morts donnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en
nous"(Rm 8,11).
Et de même qu'en ce monde la prière inspirée par l'Esprit est au-delà
de tous les mots et les contient tous, de même la communion, dans la gloire,
entre les humains, sera au-delà de toutes les amitiés et les contiendra toutes.
Qu'il s'agisse de la vie conjugale, de la vie fraternelle, de la piété
filiale ou de la tendresse des parents, tout amour qui, sur la terre, aura
traduit l'amour de Dieu, sera repris, assumé, et transcendé, par l'amour de
Dieu qui sera tout en tous, par l'amour pour ce Dieu qui nous fascinera tous.