Martyre de Jean–Baptiste

Mc 6,14-30

 

 

 

 

 

 

 

Pour pénétrer dans cet épisode de l'Évangile, suivons, l'un après l'autre, les personnages du drame.

 

La jeune danseuse nous apparaît comme une simple exécutante, sans caractère, sans idées, sans  profondeur. Tout son désir est de plaire, et elle ne vit que dans le regard des autres. En dehors de sa danse, elle ne sait rien, ne cherche rien, ne pense rien.

 

Hérodiade, sa mère, elle, est une femme de tête. Elle sait ce qu'elle veut, et elle le veut froidement, par tous les moyens. Elle ne pouvait espérer une si belle occasion d'assouvir sa vengeance, et c'est elle qui va transformer la fête en crime abject.

 

En comparaison, Hérode paraît plus complexe, et moins sordide. Depuis longtemps il joue avec la vérité: il reconnaît en Jean-Baptiste un homme juste, mais il le laisse en prison ; il aime à l'entendre, mais reste toujours indécis.

Et parce que c'est un faible, il va céder sur toute la ligne et se laisser entraîner par l'engrenage du crime.

Il est faible devant la danseuse, et se laisse aller à des promesses démesurées.

Il est faible devant la décision d'Hérodiade.

Puis sa fierté l'empêche de se dédire devant les convives. Marche par marche, il descend jusqu'au fond du péché :     péché des sens,

péché d'orgueil,

péché de cruauté.

 

Quant à Jean le Baptiste, il est muet, d'un bout à l'autre du récit. Il a parlé avant, avec courage, et il s'est retrouvé au fond d'un cachot. Et cette mort dans l'ombre, cette mort en silence, est le plus beau couronnement de son œuvre. Il voulait s'effacer totalement pour laisser place à Jésus ; il sera son Précurseur jusque dans la mort.

 

Frères et sœurs, comme Jean-Baptiste nous sommes dans les mains de Dieu, et un jour, un jour que Lui connaît, il disposera de notre mort pour sa plus grande gloire, et ce sera le sommet de notre réponse d'amour.

 

Que dès aujourd'hui, "rien que pour aujourd'hui", il dispose de notre vie, de la liberté qu'il nous a donnée et avec laquelle, avec joie, nous lui répondons :

 

"Oui, Seigneur".

 

 

Page d'accueil

 

 

Retour Marc 6-12