La seconde multiplication des pains
Mc 8,1-10
² Les circonstances de la
première multiplication des pains sont dans toutes les mémoires.
Jésus arrivait en barque pour conduire
les Apôtres dans un lieu désert ; et en débarquant il vit une grande foule et
il en eut pitié.
Il développa longuement son
enseignement, et c'est à la nuit tombante qu'il nourrit cinq mille hommes.
² Au point de départ du récit
de cette deuxième multiplication des pains, nous retrouvons la pitié de Jésus,
mais il ne parle plus de brebis sans berger, car cette fois elles ont trouvé
leur berger en s'attachant à lui :
"J'ai pitié de cette foule, car
voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi,
et
ils n'ont pas de quoi manger !"
Cette foule de disciples a tenu quatre
jours, dormant sur place, mangeant sur place les provisions apportées, puis jeûnant
pour ne pas s'éloigner et ne rien perdre de la parole de Jésus.
La première fois, les gens s'étaient
laissé surprendre par la tombée du jour.
Cette fois ils ont choisi de rester plusieurs jours
avec Jésus, et ils sont trop loin de chez eux pour pouvoir rentrer sans
défaillir.
² À travers ce deuxième miracle
des pains Jésus nous assure de deux choses :
- il viendra au-devant de nos besoins si nous faisons
passer l'écoute de la parole avant toutes nos faims terrestres: faim du corps
ou faim de se réaliser ; car l'homme ne vit pas seulement de pain, et la parole
du Christ est vraiment Pain de vie ;
- il prendra soin de nous, si pour lui, pour son amour
et pour son service, nous nous aventurons loin de nos bases familières ; rien
que par sa parole, il nous rendra au centuple les sécurités immédiates que nous
aurons lâchées.
² Mieux encore : si nous savons
lui faire confiance, il nous fera participer à son immense pitié, et il nous
donnera, pour les distribuer à la foule, les pains et les poissons qu'il aura
lui-même bénits.
Nous irons, en son nom, au-devant de
tous les affamés, au-devant de ceux et de celles qui se sont mis en route vers
Lui en oubliant tout le reste.
Pour entrer dans cette œuvre de vie et de partage, trois
conditions nous sont posées :
-
que
nous soyons vulnérables à la pitié forte qui nous portera à nourrir les foules
;
-
que
nous soyons des passionnés du Christ, notre ami ;
-
que
nous restions attachés à Lui et à sa parole, comme des disciples venus de très
loin
et qui ne songent plus à repartir.