Parole de Dieu et traditions humaines

Mc 7,1-13

 

 

 

 

 

²  Tout n'était pas mauvais dans les habitudes juives, et même, beaucoup de préceptes ne faisaient qu'énoncer les lois de l'hygiène la plus élémentaire. Laver les coupes, les cruches et les plats, c'était tout à fait recommandable, et nous le faisons nous-mêmes au moins deux fois par jour. Se laver les mains avant de passer à table, c'est également un réflexe qu'on nous a inculqué depuis l'enfance, et la précaution n'est pas toujours inutile, à en juger par les mains de nos écolières quand elles viennent communier.

Il ne serait pas venu à l'idée de Jésus de critiquer la propreté ; mais puisque, ce jour-là, les gens instruits lui faisaient des reproches, il a saisi l'occasion pour mettre les choses au point, car il avait, à son tour, des griefs à formuler.

 

²  Tout d'abord il reproche aux scribes leur minutie inutile : se laver les mains, fort bien ; mais pourquoi "jusqu'au coude", si les bras sont propres ? Pourquoi obliger les hommes à des gestes vides de sens ?

 

Un autre grief va plus loin : pourquoi s'asperger d'eau au retour de la place publique ? Est-ce que le coude à coude de la vie quotidienne rend impur aux yeux de Dieu ? Ou bien y a-t-il une catégorie d'hommes qui contamine les autres ? Jésus ne peut accepter cette discrimination religieuse !

 

Enfin Jésus dénonce par deux fois le mensonge spirituel des scribes :

"Vous mettez de côté le commandement de Dieu, la volonté de Dieu,

  vous annulez sa parole".

  Vous faussez le vrai culte, qui doit venir du cœur.

Dieu a dit :"Honore ton père et ta mère" ;

et vous dites :"Halte-là ! Les fonds sont bloqués : le capital de cet homme appartient au temple !"

Ainsi le temple passe avant Dieu, et l'argent du temple avant l'obéissance à Dieu.

Et tout cela, pourquoi ?  Parce qu'on s'attache à une tradition transmise par des hommes !  Parce que rabbi Untel a dit :"Jusqu'au coude !", jusqu'à la fin des temps on se lavera jusqu'au coude. Or Dieu n'avait rien dit du tout !

 

²  Ne raillons pas trop vite ; car la parole de Jésus nous atteint, nous aussi. Certes, nous sommes rarement tentés de nous appuyer sur nos habitudes, mais nous nous appuyons

sur des prospectives,

sur des évidences concernant l'avenir,

sur des préférences que nous érigeons en absolu,

sur des manières de faire plus ou moins imposées par le milieu ambiant ou par un scribe de notre entourage.

 

²  Certes, il y a de saines traditions, mais on peut devenir propriétaire de l'avenir comme on était autrefois esclave de qui avait dit par des hommes ; on peut s'aliéner dans l'avenir comme on s'aliénait dans le passé. Et tout cela cache la même tentation : l'homme veut parler plus fort que Dieu ; l'homme prétend que par lui l'Esprit a parlé.

 

Alors lentement se produit la dérive que déjà Isaïe reprochait à son peuple : les lèvres continuent leur louange, alors que le cœur est loin. Il est ailleurs,

dans des choses à faire, alors qu'il s'agit d'être,

dans des paroles à dire, quand il suffit d'entendre,

dans du nouveau à créer avec fièvre, alors que, chaque jour la nouveauté de Dieu est là,

 

qu'il nous invite à recevoir.

 

 

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