Guérisons au pays de Gennésareth

Mc 6,53-58

 

 

 

 

 

 

²  Nous sommes là à la période heureuse du ministère de Jésus.

Il vient de nourrir cinq mille hommes de l'autre côté du lac, et, au cours de la nuit, il a rattrapé les disciples en marchant sur la mer.

À vrai dire, ils n'ont pas totalement compris, et sont restés au stade de la stupeur, mais leur confiance grandit progressivement. Quant à la foule, elle est enthousiaste, et elle le montre bien dès que Jésus débarque à Gennésareth.

 

²  Regardons bien, toutefois, quel a été le premier réflexe de tous ces pauvres que Jésus aimait : ils auraient pu organiser une manifestation, réserver à Jésus une sorte de triomphe populaire ; pas du tout ! Ils le quittent, au contraire, dès qu'ils l'ont reconnu, et se mettent à parcourir la région pour lui apporter les malades sur un brancard. Or, c'est très lourd, un homme couché, et le porter sur des kilomètres, c'est exténuant !

 

²  Voilà la réception qu'on préparait à Jésus, la réception qui l'attendait partout, dans les cours de fermes, dans les ruelles étroites des villages, sur les petites places des bourgades ; partout, des séries de brancards, partout deux haies de malheureux, partout des mains tendues, des gémissements, des yeux remplis d'une détresse sans fond. Partout Jésus avait rendez-vous avec la souffrance humaine. Il venait vaincre cette souffrance au nom de Dieu, Maître de la vie, pour que cette victoire proclame au monde : le Règne de Dieu est là ! Partout c'était une manifestation de la souffrance humaine pour une manifestation de la puissance de Dieu en Jésus Messie.

 

²  Et pour tous ces malades, pour tous ces désespérés, c'était le rendez-vous de la foi, une foi que Jésus sait admirablement deviner jusque dans des réflexes très simples et très naïfs.

Car tous ces hommes qui se sont mis à courir la campagne avec des brancards, avaient bien compris, comme d'instinct, que Jésus venait pour plus pauvres qu'eux : Jésus, en débarquant, leur avait communiqué le virus de sa charité.

Jésus les a laissé faire, comme il a laissé faire tous les malades qui voulaient toucher, ne fût-ce que la frange de son manteau.

 

²  Ainsi, en une seule journée du Seigneur, nous retrouvons en résumé trois éléments essentiels à notre vie chrétienne :

-        écouter le Seigneur nous parler dans le désert,

-        nous laisser rejoindre sur la mer où nous peinons, au moment que lui-même choisit,

-        lui apporter avec confiance toute la souffrance qui nous est confiée, tous les pauvres qui nous sont remis.

 

²  Il y a tant dans brancards à saisir au cours d'une journée de vie communautaire,

tant de limites à comprendre,

tant de misères à pardonner,

tant de douceur à mettre dans nos gestes et dans nos regards !

Et ces miettes de bonheur que nous offrons à nos frères ou nos sœurs que Dieu aime,

nous rassasient nous-mêmes et nous fortifient

 

                                                           pour l'œuvre de Jésus.

 

 

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