"Il faut que le Fils de l'homme soit élevé"

Jn 3,13-17

 

 

 

 

 

 

 

 

² Celui qui est monté au ciel, c'est aussi le seul qui en soit descendu, c'est le Fils unique que Dieu a donné, dans son amour fou pour le monde à sauver. Nous fêtons aujourd'hui le triomphe de la Croix, et nous avons l'audace de fêter le triple abaissement du Fils de Dieu:

- le premier fut de prendre sur lui notre condition de servitude en se faisant homme parmi les hommes, en se perdant pendant trente ans dans l'anonymat de l'humanité, lui qui venait révéler le nom du Père!

- son second abaissement fut d'obéir jusqu'à accepter la mort, en pleine force de l'âge, lui qui aimait tant la vie, et qui la faisait si belle autour de lui;

- sa suprême humiliation fut de mourir condamné, renié, bafoué, lui qui ne venait pas condamner le monde, mais le sauver.

 

² Après cet abaissement, le Fils de Dieu a connu une double élévation.

La première fut encore notre œuvre, notre crime: nous avons élevé Jésus en croix ! Ce fut le refus suprême de l'homme, mais le commencement d'une surenchère de l'amour de Dieu. Puisque nous élevions le Christ, entre terre et ciel, le Père lui-même a terminé notre geste, "il a élevé son fils plus haut que tout et lui a donné le nom qui surpasse tous les noms" (Ph 2,9), ce nom de Seigneur qui n'appartient qu'à Dieu; il a élevé son Fils afin que tout homme le voie, signe d'espérance levé sur le désert du monde, afin que tout vivant tombe à genoux et que tout homme qui croit ait en lui la vie, pour toujours.

 

² Mais celui qui veut vivre de cette vie du Fils doit entrer dans son destin et reproduire l'image du Premier-né, image souffrante, image glorieuse (Rm 8,29); et chacun de nous, pour rejoindre la gloire, est convié aux abaissements du Fils de l'homme.

Devenir semblable aux hommes, nous l'acceptons encore, et nous souffrons parfois d'avoir perdu le contact avec eux ou que notre témoignage ne les rejoigne plus. Mais le vrai partage de la condition des hommes nous conduit tout droit à mourir à nous-mêmes et à mourir pour eux, un peu tous les jours. Alors nous prenons peur, nous perdons courage, et nous "récriminons contre Dieu et contre son Christ" (Ps 2,2): "pourquoi nous avoir appelés à cette marche dans le désert de la vie, dans le désert de la foi, où il n'y a ni pain ni eau? Pourquoi tous les jours cette nourriture méprisable, cette manne de l'existence quotidienne, toujours la même, qui a tous les goûts et n'en a aucun?

 

Alors viennent les "morsures brûlantes", bien connues de ceux et de celles qui traversent le désert: morsures du doute, morsures de la lassitude ou de l'impatience, morsures du manque de confiance en soi-même, dans les autres et en Dieu, morsures de l'imagination, qui se met à rêver et lâche le présent. 

 

C'est alors aussi que le Père, qui ne se lasse jamais, nous fait signe, en nous montrant, entre ciel et terre, Jésus crucifié entrant dans la gloire:

 

"Regarde-le! Tu vivras !"

 

 

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