"Le vent souffle où il veut"

Jn 3,1-8

 

 

 

 

 

 

 

 

² Pour voir le Règne de Dieu, c'est-à-dire pour entrer dans la vie que Dieu nous offre, la vie qui traverse tout, même la souffrance, même la mort, il faut renaître, naître d'en haut, naître de l'eau et de l'Esprit.

Cette naissance, nous la situons dans notre lointain passé, car, au moins pour la plupart d'entre nous, le baptême d'eau et d'Esprit Saint a suivi d'assez près notre naissance selon la chair. Et il est bien vrai que notre baptême est un acte passé, et que nous sommes fils et filles de Dieu une fois pour toutes; mais cette naissance à la vie de Dieu, qui est pour nous liée à une date, au-delà de tout souvenir, ne porte ses fruits que si chaque jour nous nous ouvrons à cette vie qui vient de Dieu. C'est ce que saint Pierre explique dans sa première épître: "Le baptême n'est pas le simple lavage d'une souillure extérieure, mais l'engagement à Dieu d'une bonne conscience" (3,29), donc une démarche à refaire à longueur de vie.

Chaque jour il nous faut réal-iser, rendre réelle, cette relation inouïe de fils ou de fille de Dieu.

Chaque jour il nous est donné, par grâce, de revivre cette plongée, cette immersion dans la vie de Dieu qu'a été notre baptême, au-delà de tout souvenir.

Chaque jour il nous faut "naître d'en haut", ratifier notre naissance baptismale en la répétant volontairement, consciemment, filialement, dans l'aujourd'hui de l'Église, là où nous a placés le Seigneur dans son dessein d'amour.

Dieu ne cesse pas de nous engendrer, par son Esprit, à l'image de son Fils.

Dieu ne cesse pas, par son Esprit, de nous "tirer" vers son Fils; et c'est cette œuvre de vie permanente, inlassable, de Dieu en nous que nous sommes appelés à saisir par la foi. L'accueil de la vie de Dieu, c'est cela qui chaque jour donne un sens à notre vie et un vrai contenu à toutes nos rencontres humaines. C'est cela qui demeure essentiel pour chacun et pour tous; et Jésus y insiste: "Ne t'étonne pas si je t'ai dit: Il faut naître d'en haut."

 

² Mais comment percevoir cette vie de Dieu qui nous habite? Comment aussi situer notre vouloir lorsque le vouloir de Dieu nous échappe, lorsque nous ne savons pas où nous en sommes, et encore moins où et par où l'amour de Dieu nous mène? Comment gérer cette vie de croyant, où si souvent nous restons pauvres et démunis, riches de désirs, mais sans chemins?

Jésus vient au-devant de notre désarroi. Comme il l'explique à Nicodème, les chemins de l'Esprit sont souvent déroutants, et il n'est pas anormal d'être dérouté quand on cherche la route de Dieu. "Le vent souffle où il veut, et tu ne sais ni d'où il vient ni où il va." On ne sait pas le tout premier mot ni le dernier mot sur l'Esprit qui nous fait vivre. Il est au-delà de toute mémoire, un peu comme une naissance, et au-delà de tout projet, car il les contient tous et les unifie. Il est au-delà, et pourtant toujours présent à l'instant que nous vivons pour Dieu.

 

Et c'est là la merveille: "Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix." Le vent est là: il souffle, il passe, il agit. L'Esprit de Dieu est là, force de Dieu qui fait renaître. Aujourd'hui, rien que pour aujourd'hui, il nous est donné d'entendre sa voix, qui nous dit, pour aujourd'hui, les paroles de Jésus; et ce sont les paroles de Pâques, des paroles de baptême, ruisselantes de vie et d'espérance, des paroles d'envoi, qui sont porteuses de paix.

 

"Tu entends le vent, dit Jésus. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit."

 

 

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