"Moi non plus, je ne vous dirai pas
…"
Mc 11,27-33
Replaçons
d'abord cette controverse dans les dernières semaines de Jésus,
avant de nous interroger sur la pensée du Maître.
² L'Évangile
nous rapporte ici la première des quatre discussions qui ont
opposé Jésus et ses ennemis dans l'enceinte du temple.
Toutes les composantes du Sanhédrin se sont
liguées contre Jésus : les ex-grands-prêtres, les
Sadducéens et les Scribes, tous ces hommes que l'on retrouvera
bientôt lors du procès de Jésus (Mc 14,43.53), et l'on sent
que c'est une délégation de ce Grand conseil qui s'en prend
à Jésus.
Il leur répond d'abord à tous ensemble,
à propos du baptême de Jean (11,27-33) et il les vise tous avec la
parabole des vignerons homicides (12.1-12). Alors ses ennemis se retirent et se
dispersent, mais c'est pour l'attaquer successivement par trois groupes :
-
le groupe des Pharisiens et des Hérodiens, au sujet du tribut à
César (12,13-17),
-
le groupe des Sadducéens (c'est l'épisode grotesque de la femme
aux sept maris (12,18-27),
-
et enfin le groupe des Scribes, les spécialistes de
² Mais venons-en maintenant au dialogue lui-même.
Les ennemis de Jésus posent la bonne question
:"Par quelle autorité fait-il tout cela ?", le pardon des
péchés, la guérison des malades, le grand coup de balai
dans le Temple, et tous les miracles.
Cette question, Jésus voudrait qu'ils se la
posent à eux-mêmes, à partir de ce qu'ils voient, et qu'ils
y répondent librement par un acte de foi, en Dieu et en son
Envoyé. Au lieu de cela, ils inter-rogent
Jésus, et sont résolus d'avance à contester sa
réponse.
Dieu pourtant a commencé de leur ouvrir les
yeux avec Jean-Baptiste : seul Dieu et un homme de Dieu peuvent susciter la
conversion dans le cœur d'un homme. Puis Dieu a donné sa
réponse totale et définitive à travers les paroles et les
œuvres de Jésus, l'Homme-Dieu. Mais eux n'ont rien vu et rien voulu
voir. Ils ont refusé le Prophète ; à plus forte raison
vont-ils récuser l'Homme-Dieu ! D'où le verdict
sévère qu'ils s'attirent, quand Jésus leur répond
:"Moi non plus je ne vous dis pas."
En effet, ce n'est pas la peine de leur
révéler une fois de plus ce qu'ils n'ont jamais voulu
reconnaître.
² Ce n'est pas ainsi, frères et sœurs, qu'il
nous faut aborder
à discerner en Lui l'autorité du Père et son projet
d'amour,
à reconnaître en Lui
l'Envoyé,
à répondre par la
foi à la question posée par Lui.
Il n'est pas besoin qu'on L'interroge, quand on s'est
soi-même interrogé.